05–16 juillet

Le Mouffetard – CNMa
Résidence de recherche/création

Cramée

Amélie Poirier

Une mort peut-elle finir par masquer une œuvre ? Cramée s’ouvre sur le suicide de la photographe américaine Diane Arbus et remonte le temps, comme une enquête muette, jusqu’à l’artiste qu’elle fut. Seule en scène, la comédienne-marionnettiste Cristina Iosif anime des images et des figures issues d’un corpus photographique conçu avec Lucie Pastureau. Le passé se recompose par fragments pour déplacer notre regard : des circonstances intimes d’une disparition vers la force d’une œuvre.

Marionnettes à gaine, ombres sur rhodoïd, images mécanisées et photographies transformées en volumes textiles donnent corps à cette archéologie sensible. À la croisée du mouvement, de la marionnette et des arts plastiques, Amélie Poirier prolonge sa recherche sur le matrimoine photographique et les corps minorisés. Elle questionne notre fascination pour les artistes mortes jeunes, ainsi que les récits qui enferment la création des femmes dans leur vie intime et leur destin tragique. Une création sonore en contrepoint déjoue cette tentation du romanesque. Avec une précision d’archéologue, Les Nouveaux Ballets font apparaître, sous le mythe, une artiste et son œuvre.

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